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Google Consent Mode : ta bannière cache une vente sur deux à Google. Tes clients, eux, n'ont pas bougé.

Depuis sa bannière de consentement, une boutique de vélos que je gère affiche deux fois moins de ventes dans Google Ads. Les ventes n'ont pas bougé. Ce qui a changé, c'est ce que Google a le droit de compter.

J'avais recommandé à un client d'installer une bannière de consentement sur sa boutique de vélos. Il l'a fait. Sans me le dire.

Je l'ai découverte le 3 août, pendant un audit. Le jour même, j'ai fait en sorte que mes outils de mesure respectent le refus des visiteurs. Le lendemain, Google a cessé de voir une vente sur deux.

Les ventes n'avaient pas bougé. Les clics non plus. Ce qui a changé, c'est ce que Google a le droit de compter.

Si tes chiffres ont baissé depuis ta bannière, lis ce qui suit. C'est court. Et ça va peut-être t'éviter de couper une campagne qui marche.

Ce qui s'est passé le 3 août

Voici la même boutique, dans Google Ads, un mois avant et un mois après.

  • Clics payés — référence — +55 %
  • Ventes comptées par Google — référence — -50 %
  • Part des commandes de la boutique que Google voit — 49,5 % — 28,2 %

Lu tout seul, ce tableau fait peur. Plus de clics, deux fois moins de ventes.

Sauf que la boutique n'a pas perdu la moitié de ses ventes. Août a été un peu plus calme, comme chaque année. C'est tout.

Ce qui a changé : depuis le 3 août, Google ne compte que les visiteurs qui cliquent « Accepter ». Les autres achètent quand même. Google ne les voit juste plus.

Comment je le sais? Je garde un deuxième compteur, fourni par l'application Shopify de Google, qui ne dépend pas de la bannière. Avant le 3 août, mon compteur principal affichait deux fois plus de ventes que lui. Après, les deux affichaient pareil. La différence entre les deux, c'était les acheteurs qui n'avaient pas dit oui.

L'erreur que j'ai faite (et que Google fait tout seul)

Je savais que les ventes comptées allaient baisser. Ce que je n'avais pas anticipé, c'est l'ampleur. Je m'attendais à perdre 15 à 30 %. C'était plus de la moitié.

Début août, je voyais donc un compte dont les ventes fondaient. J'ai fait ce qu'on fait dans ce cas : j'ai demandé à Google d'être plus exigeant sur la rentabilité.

Mauvaise idée. Google enchérissait déjà sur des chiffres qui valaient la moitié du réel. En lui demandant plus, je l'aidais à étrangler une campagne rentable.

Le 17 août, j'ai mesuré l'écart. J'ai tout remis comme avant. Campagne sauvée.

Retiens ça : Google ajuste tes enchères tout seul, avec les chiffres qu'il voit. Si ta bannière lui cache la moitié des ventes, il croit que tes pubs marchent deux fois moins bien. Et il réagit en conséquence, sans te demander ton avis.

Le Google Consent Mode est le fil entre ta bannière et les outils de Google. Il leur dit qui a accepté, qui a refusé.

Une de ses versions laisse Google deviner une partie de ce qu'il ne voit plus. Ça aide un peu, pas beaucoup. Et ça ne marche que si ton site a beaucoup de trafic. Ces ventes devinées se mêlent ensuite aux vraies dans tes rapports. Google estime. Il ne compte pas.

Trois erreurs à ne plus faire

1. Comparer avant et après. Avant la bannière, Google voyait presque tout le monde. Après, il voit ceux qui ont dit oui. Ce sont deux instruments de mesure différents. Note la date de ta bannière. Compare seulement après avec après.

2. Resserrer sur des chiffres qui ont fondu. Une cible de rentabilité fixée avant la bannière devient trop dure après. Avant de conclure qu'une campagne s'effondre, regarde tes commandes réelles, comme pour une campagne jugée trop tôt.

3. Faire poser la bannière sans la personne qui gère ta mesure. Chez mon client, la bannière n'existait qu'en français. Elle se glissait sur le côté de l'écran, sans bloquer la page. Ses clients de l'Ontario l'ignoraient. Et un visiteur qui ignore la bannière est compté comme un refus.

Deux réglages de 30 minutes (une version anglaise, un style centré qui attend la réponse) redonneraient à Google la moitié des ventes qu'il ne voit plus. Une bannière, c'est un réglage de mesure autant qu'un réglage légal. Fais-la poser par la personne qui gère tes chiffres, ou au moins avec elle.

Le test de 3 minutes

Tu as besoin de deux chiffres par mois : les ventes comptées par Google Ads, puis les commandes de ta boutique.

Divise le premier par le deuxième. Un mois avant la bannière. Un mois après.

Chez ma boutique de vélos : 49,5 % avant, 28,2 % après. Le chiffre d'après, c'est ce que Google voit encore. C'est tout ce qu'il a pour décider de tes enchères.

Le même calcul sert aussi à repérer un tag installé en double. Dans ce cas-là, le chiffre est trop beau au lieu d'être trop bas.

Pas accès aux chiffres? Une question suffit à la personne qui gère ta mesure : « depuis la bannière, quelle part de nos ventes Google voit-il encore? » Si on te répond « toutes », le problème est ailleurs. C'est celui de l'article précédent.

Questions fréquentes

Est-ce que Google va finir par retrouver ces ventes? Non. Il peut en estimer une partie, si ton site a assez de trafic. Le reste existe dans ta boutique, pas dans ses rapports.

Faut-il enlever la bannière? Non. Elle est obligatoire. Et elle ne fait pas baisser tes ventes. Elle change seulement ce que Google peut compter.

C'est quoi le CIPA? Une loi californienne. Si un outil de suivi part avant le oui d'un visiteur de Californie, ce visiteur peut réclamer jusqu'à 5 000 $. Ça te concerne seulement si tu vends aux États-Unis.

Pourquoi mon nombre de visiteurs dans GA4 ne ressemble plus à rien? Parce que les visiteurs qui refusent ne sont plus reconnus d'une page à l'autre. Compte des ventes, pas des personnes.

Le point à retenir

Ta bannière n'a pas fait baisser tes ventes. Elle a changé la règle du jeu de tes rapports, sans mettre à jour la légende.

Savoir ce que Google voit encore, c'est la première chose que je règle dans un mandat de mesure et de tracking, avant de toucher au moindre budget. Et quand la bannière n'est pas encore posée, je préfère la poser moi-même : c'est là que se décide combien de ventes tu vas continuer à voir. Si tes chiffres ont bougé depuis ta bannière et que personne ne t'a expliqué pourquoi, écris-moi. On regarde ça ensemble.

Et si tu veux voir à quoi ressemble le problème ailleurs que sur un seul compte : le test sur 20 sites québécois, avec les noms puis les résultats.

À propos de l'auteur

Jonathan Boisvert

Expert Google Ads. Fondateur d’Accolades Marketing. J’aide les entreprises ambitieuses à transformer leur budget publicitaire en profit mesurable.

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