Sur les dix derniers comptes Google Ads que j'ai audités, neuf avaient au moins cinq problèmes assez graves pour gaspiller une partie du budget chaque mois. Pas des détails de perfectionniste : des conversions comptées en double, des annonces diffusées dans des pays où l'entreprise ne livre pas, des campagnes qui enchérissaient l'une contre l'autre.

Le pire? La plupart de ces comptes étaient gérés par des professionnels.

Tu n'as pas besoin d'être expert pour détecter ces problèmes. Tu as besoin de savoir où regarder. Voici la méthode que j'utilise, dans l'ordre exact où je la déroule.

Avant de commencer : les signaux qui justifient un audit

Tu n'audites pas ton compte par curiosité. Tu l'audites parce que quelque chose cloche :

  • Ton coût par conversion monte depuis des mois sans explication.
  • Ton gestionnaire t'envoie des rapports pleins de clics et d'impressions, mais tu ne vois pas plus de clients.
  • Tu dépenses plus qu'avant pour les mêmes résultats.
  • Personne ne t'a jamais montré ton rapport des termes de recherche.

Le dernier point est mon test préféré. Si la personne qui gère ton compte ne peut pas te montrer en deux minutes ce que les gens tapent réellement dans Google avant de cliquer sur tes annonces, il y a un problème.

Commence par la mesure, pas par les annonces

L'erreur classique : ouvrir le compte et juger les annonces. C'est la dernière étape, pas la première.

Google Ads fonctionne aujourd'hui sur des enchères automatisées. Le système dépense ton budget en fonction des conversions qu'il voit. Si tes conversions sont mal comptées, tout le reste optimise sur des données fausses. Tu peux avoir les meilleures annonces du Québec : si Google pense qu'un simple clic sur ton bouton de téléphone vaut autant qu'une soumission remplie, il va chasser les mauvais utilisateurs.

Va dans Objectifs, puis Conversions, et pose-toi trois questions :

  1. Qu'est-ce qui est compté comme conversion principale? Si tu vois « clic sur bouton », « visite de page » ou deux fois la même action sous des noms différents, ta mesure est cassée.
  2. Les conversions améliorées (Enhanced Conversions) sont-elles actives? Sans elles, tu perds une partie des conversions à cause des restrictions de suivi.
  3. Le Consent Mode est-il configuré? Au Québec comme en Europe, sans gestion du consentement, Google perd des données et tes campagnes aussi.

C'est le point 1 de ma checklist, et c'est celui qui invalide tout le reste quand il est raté.

Les 9 autres points, en ordre d'impact

La stratégie d'enchères. Une campagne en « Maximiser les conversions » sans cible de coût, sur un budget de 1 500 $ par mois, c'est donner un chèque en blanc à Google. Vérifie que chaque campagne a une stratégie qui correspond à son volume de données. Moins de 30 conversions par mois? Les enchères intelligentes travaillent à l'aveugle.

Les termes de recherche. Ouvre le rapport des termes de recherche et trie par coût. Tu vas probablement trouver des recherches qui n'ont rien à voir avec ton offre et qui te coûtent des centaines de dollars. Chaque terme non pertinent devrait devenir un mot-clé négatif.

La défense de marque. Tape le nom de ton entreprise dans Google. Si un concurrent apparaît au-dessus de toi, tu perds des clients qui te cherchaient déjà. Et vérifie que Performance Max ne compte pas tes recherches de marque comme des « nouvelles conversions » : c'est la façon la plus courante de gonfler artificiellement un rapport.

La structure du compte. Quinze campagnes pour un budget de 3 000 $ par mois, c'est quinze campagnes qui apprennent lentement. Les comptes performants sont consolidés : moins de campagnes, plus de données par campagne, meilleures décisions d'enchères.

Les annonces RSA. Regarde la colonne « Efficacité de l'annonce ». Des annonces « Moyenne » ou « Faible » partout, des titres épinglés sans raison, des textes que n'importe quel concurrent pourrait signer : autant d'occasions manquées.

Les assets. Liens annexes, accroches, extraits structurés, images. Chaque asset manquant réduit la place que ton annonce occupe dans la page de résultats. C'est gratuit et sous-utilisé dans la majorité des comptes.

Performance Max. PMax peut être excellent ou devenir une boîte noire qui recycle tes conversions de marque. Vérifie les exclusions de marque, les signaux d'audience et la qualité des actifs. Demande-toi où va réellement le budget entre Search, Display et YouTube.

Le ciblage géographique et les langues. Le réglage par défaut de Google s'appelle « Présence ou intérêt ». Traduction : tes annonces peuvent être montrées à quelqu'un en France qui s'intéresse au Québec. Passe en « Présence » si tu sers une clientèle locale. Et cible toutes les langues, pas seulement le français : beaucoup de Québécois utilisent leur téléphone en anglais.

Les automatisations de Google. Va voir dans les paramètres si les recommandations s'appliquent automatiquement. Google active des options dans son intérêt, pas toujours dans le tien. Un compte sain les passe en revue une par une, manuellement.

Combien de temps ça prend, et quand déléguer

Avec la méthode ci-dessus, compte entre 45 et 90 minutes pour un premier passage. Tu ne verras pas tout ce qu'un expert verrait, mais tu vas détecter les problèmes les plus coûteux, et tu sauras exactement quelles questions poser à ton gestionnaire.

Pour aller plus vite, j'ai mis la méthode complète dans une checklist gratuite : les 10 points, avec pour chacun quoi vérifier et où cliquer dans l'interface. Il y a même une version conçue pour être utilisée avec ChatGPT ou Claude, qui te guide point par point.

Et si tu préfères qu'un humain s'en occupe : mon audit complet couvre plus de 100 éléments, avec un rapport scoré par section et un plan d'action priorisé. C'est souvent la façon la plus rapide de savoir si ton budget travaille pour toi ou pour Google.